Je t’ai, tu m’as

J’ai une admiration profonde pour mes enfants. Celle qui n’est plus et celles qui restent. Élisyane est une petite mère pour Alys. Chaque jour elle utilise son imagination débordante de maturité pour faire en sorte qu’Alys repousse ses limites. Un bain, un repas, un réveil semblent bien ennuyant sans sa grande soeur pour Alys qui cherche sa « Zya ». Dans notre drame familial, c’est bien justement notre lien familial qui nous maintient sur les rails d’une vie plus sereine que celle dont on aurait autrement voulu voir quitté nos corps et nos âmes meurtrit.

Je regarde Alys grandir à son rythme trop lent, puis je regarde Élisyane grandir à un rythme trop rapide pour ses petites épaules. Mais il y a tout de même un équilibre qui se créé lorsqu’elles sont ensemble. Leur propre rythme de développement entre en collision pour former une bulle de bonheur à l’état pur. Cette bulle nous éclabousse, nous permettant de moins anticiper les choses et de laisser aller.

Malgré la routine et l’adaptation à l’intérieur de ma maison, plusieurs choses ne manquent pas de me rappeler l’handicap moteur de ma fille. Les enfants de son âge aussi vieillissent…et je n’en reviens pas encore, chaque fois qu’ils sont dans la même pièce qu’Alys, de voir la différence. Quoiqu’il est vrai que je le vois maintenant d’un oeil thérapeutique, contrairement à la majorité des gens. Puis, aujourd’hui on a consigné toutes les mesures du corps de ma puce pour une éventuelle station debout. Cela servira à maintenir thérapeutiquement Alys en position debout pour renforcer les jambes, réduire le réflexe d’agrippement, et autre. Mais même si les nouveaux équipements adaptés sont toujours pour le bien d’Alys, c’est toujours un pincement au coeur. On espère toujours qu’on aura pas besoin de s’en servir un jour. Parce que s’en servir et l’avoir dans la maison c’est toujours un rappel de sa condition et qu’en fait, il manque le double de cet équipement, et le double d’Alys…

Si j’ai souvent des pointes de tristesse, d’amertume, d’incompréhension et quelques fois même de colère; j’ai également des pointes de fiertés, d’admiration, d’ambition et plusieurs fois de gratitude. Je remercie la vie de me tenir accompagné de mon conjoint et de mon aînée. Nous atténuons nos désespoirs les uns les autres et amplifions nos moments moins pire les uns les autres. Rose et Alys resterons toujours le ciment qui nous a soudé inconditionnellement ensemble.

Exemple de planche à station debout (se fait en format "poupon" pour les enfants de l'âge d'Alys)

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