Soins intensifs, vies intensives

Chaque matin, on plonge tête première dans l’incertitude. Mais nous n’en avons pas conscience. La journée où j’ai appris le décès de Stéphane, où je me suis décomposé en apprenant que c’était le lendemain ou le surlendemain que j’allais voir mourir mon enfant. Ces journées avait pourtant commencées normalement.

Il y a eu tant de journées où je me suis levé en espérant que celle-ci soit porteuse de bonne nouvelle, mais où à la fin de cette journée j’aurai tout donné pour refaire ma vie. Maintenant, les journées semblent plus sereines. Mais je me suis promise de ne plus me dire cette phrase vouée au réconfort : les choses ne peuvent pas mal aller tout le temps. Elle m’a trop longtemps trompée, et la confiance ça se gagne.

Durant 15 semaines, j’ai vu mes minuscules bébés dans l’unité néonatale. Trois semaines avant de pouvoir prendre Alys et six semaines pour Rose. L’odeur de la maladie, de la mort qui rôde. Recevoir des claques en plein visage, des coups de couteau sur tout le corps, se faire brûler le dos et se faire casser les deux jambes auraient été moins douloureux que de vivre cette expérience. Les cicatrices psychologiques seront toujours plus à même de réouvrir. Quelle mère peut supporter ça?

Puis, pour Rose, ça été 386 jours. À espérer ardemment un miracle. On l’a vue miroiter bien des fois, mais ce n’était qu’un mirage. Êtes-vous seulement capable d’imaginer ce que ça représente, avoir son enfant hospitalisé tant de temps?

Je vous propose de prendre 1 heure de votre temps. Oui c’est long une heure et je suis convaincu que vous avez comme moi des milliers de choses à faire. Mais pour Rose c’était 3962 heures.

1 heure pour regarder l’émission « Soins intensifs » dont l’épisode suivant traite de la néonatalogie. Vous trouverez ça difficile à regarder par moment. Des poupons malades, c’est triste. Voir son enfant souffrir et dépérir, c’est souffrant.

Si vous ne pouvez regarder, pensez seulement que nous avons vécu ça durant des jours, des semaines, des mois, plus d’un an.

Cette semaine, je ne sollicite pas de dons. Je demande à la sensibilisation. C’est ainsi qu’un jour des personnes mettrons de leur énergie à faire avancer les choses pour le « après » de ces enfants. Pour Alys, Émile, Noah et tout les autres. L’infirmière praticienne en parle à un certain moment; du manque de ressource pour les enfants qui vivent et vivrons avec des séquelles.

Soins intensifs, auprès des nouveaux-nés (Téléquébec.tv)

http://video.telequebec.tv/video/9676/aupres-des-nouveaux-nes

La main de Rose sur mes doigts

Rose

One Response to “Soins intensifs, vies intensives”

  1. cindy dit :

    C’est drôle que tu en parles sur ton blogue car en effet je l’ai écouté et comment ne pas penser à vous… impossible. en effet j’ai trouvé ça bien triste mais ce n’était rien comparé à votre histoire. garder votre courage car pour le moment il vous a mener loin et continuera de le faire aussi longtemps que vous garderez espoir !! bisous xxx

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