Histoire de poussins et de conscience

C’est l’histoire de poussins qui ont faim. Leur maman sort de la maison pour aller chercher de la nourriture. Mais la maman ne retrouve plus sont chemin car il y a beaucoup de brouillard. Pendant ce temps, les poussins arrivent à trouver eux-mêmes des vers à manger et les partage entres eux. La maman finit par revenir à la maison, avec un seul vers.

Deux jumeaux sont couchés dans un lit. Il fait très froid. Leur maman donne toutes les couvertures qu’elle a pour elle aux bébés et leur donne même son lit. La maman va dormir sur le divan.

Ce sont deux des histoires inventées par Élisyane à partir d’images proposées par la psychologue. Très éloquent. C’est le reflet de ses sentiments et ses perceptions non dites. Il ne faut pas avoir la tête à Papineau pour savoir que ma fille est profondément marquée par les évènements. Nous n’allions pas entendre ce qui ressort de son évaluation la tête dans le sable. Mais, tout de même, ce fût douloureux. Je vous assure qu’il est possible de se sentir coupable de quelques choses dont on a ni le contrôle, ni ne sommes la personne ayant « fait quelque chose de mal ».

C’est à la fois avec intérêt et avec un pincement au coeur que nous avons, pour la première fois, compris comment elle nous percevait, ses parents et ses soeurs. Comment Rose et Alys sont devenue pour elle le seule lien avec moi, la seule façon selon elle d’entrée en relation avec moi. Pourquoi elle est si douce et attentionnée envers moi et, en contre partie, que papa n’a pas besoin d’être ménagé.

Pour Élisyane, il n’y a pas de moment présent, ses réponses la place à l’avant catastrophe. Elle a un amour et un dévouement sincère et très fort envers Alys. Dans son raisonnement, des frères et soeurs doivent s’auto-suffire.

Alys est le centre de notre organisation durant la semaine. Et durant de nombreux mois, c’est Rose qui prenait une place immense dans nos inquiétudes quotidienne, dans nos espoir d’une vie meilleure. Impossible de cacher notre tristesse, notre fatigue en permanence. Élisyane est mature et très intelligente, elle le ressent malgré nos efforts.

Je repasse dans ma tête, depuis ce matin, plusieurs moments du quotidien où je ne l’ai pas écouté adéquatement, où j’ai refusé de jouer par fatigue et manque de temps, où j’étais présente de corps mais pas d’esprit. Toute les fois où ont l’empêche d’être un enfant en lui disant qu’elle est grande, qu’elle doit aider. Merde qu’on a faillit à certains niveau.

Trois enfants, trois problématiques différentes. La santé physique de Rose et le deuil le plus pénible qui soit. La qualité de vie d’Alys, l’acceptation de son handicap. La santé mentale du bébé qui m’a rendue le plus heureuse, la conscience prématurée du comment j’aurai forgé des vides à l’intérieur d’elle-même…malgré moi, pour la plupart.

Une nouvelle année qui commence, et je n’ai jamais pris autant de résolutions. Ce dont nous avons le plus besoin en 2012 ce n’est pas seulement du repos et espérer des mois sans drame. Ce dont nous avons besoin c’est de nous sortir un peu le nez de notre « marde ». Il me semble que lorsqu’on perds une personne aussi cher, on aurait envie de changer de vie. Non pas pour oublier cette personne, mais pour nous pousser à aller de l’avant. Avec Alys, les possibilités pour y arriver sont assez limité, voir nulles.

Alors on a commencé par changer la disposition du salon et ressortir une ancienne douillette et d’anciens rideaux pour changer le paysage de notre chambre à coucher. Avec de l’aide financière de la famille, nous avons offert pour Noël un nouveau lit (à baldaquin digne d’une princesse) à Élisyane et ainsi rehausser la magie de sa chambre. Sans prétention de ne rien effacer, nous avons fait garder Alys pour souper seulement avec notre princesse.

Je crois qu’à défaut de fuir ma vie ou de la changer, nos prises de conscience nous permettrons peut-être de la réorienter. Je peux vous dire qu’en 18 mois, j’aurai fait plus de prises de conscience et de travail sur moi même que dans tout le reste de ma vie.

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