La dépression; mal de vivre qui nous semble parfois sans raison

C’est bien évident que je devrais dormir en ce moment. Mais la tête pleine, c’est difficile. Je me lancerais dans un ménage maladif si je ne me retenais pas, ça m’éviterait d’affronter la noirceur de ma chambre qui laisse trop de place aux images difficiles. Parfois, je m’endors volontairement devant la télé pour cette raison.

J’ai commencé à écrire bien avant que les jumelles ne viennent au monde. En fait, j’écris depuis mon adolescence pour extérioriser mon intérieur et, d’une certaine façon, survivre. Bien sûr, j’ai modelé les textes de mon blog autour du combat, du drame et de la quête du meilleur. J’ai rarement censuré mes textes, sinon il n’y aurait pas cet effet thérapeutique. Je me suis fais prendre au jeu d’écrire derrière mon ordinateur, seule, mais en étant à la fois très publique. Et qui dit publique, dit opinions partagés et perceptions différentes. Je me demande parfois comment les gens lisent mes textes. Autrement dit, quand j’écris, il y a dans ma tête et mes mots un ton précis, j’écris avec mon propre bagage et réellement je mets mes tripes ici. Ce n’est jamais pour que d’autres personnes puissent se comparer et se sentir lésées. Vous aurez compris que mon texte précédent était plutôt chargé de colère et de découragement face à l’incompréhension que je ressens, souvent à tort. Je n’irai pas en censurer certains passages, j’ai eu des commentaires encourageants, mais le silence peut parfois être très éloquent. J’ai pensé partager une partie de ce que j’ai pu ressentir lors de mes dépressions, au moment où j’avais absolument tout pour être heureuse et où je paniquais à l’idée de n’avoir justement aucune raison de vivre autant d’angoisse, de douleur intérieure et de désarroi. C’est surtout le moment de ma vie où je me comparais le plus aux autres mères, toutes des superwomen à mes yeux. Moi, je n’avais qu’un bébé et c’était carrément l’enfer. Pourquoi enfin?

Mai 2005

J’ai commencé à faire des cauchemars éveillés. Ces phobies m’apparaissaient comme des flashs, comme une grande agressivité mélangée à de la peur. Je les prenais pour des prémonitions. [...] J’étais profondément angoissée. Ma psychologue m’a conseillé à plusieurs reprises d’avoir recours à la médication, mais j’ai refusé chaque fois parce que je ne me sentais pas malade. Je ne voulais pas être cataloguée comme étant « malade mentale ». (J’ai finalement accepté, j’étais trop au fond du baril) [...] Puis le lundi 20 juin 2005 (la journée d’anniversaire de ma fille), après avoir mentionné mon envie de mourir ou d’être dans le plâtre jusqu’au cou, on m’a amenée à l’urgence. J’imaginais qu’on allait me prescrire d’autres médicaments et me donner un repos forcé. J’aillais plutôt plonger tête première vers le 4e Nord (unité psychiatrique de l’hôpital Pierre-Boucher.)


Mars 2008

Il y a des jours où la douleur est si intense que le seul soulagement possible semble la mort ou de me faire physiquement mal. Sans être une mort à proprement dit, mais plutôt comme un repos indéterminé ou renaître dans un autre corps et un autre esprit qui ne serait pas malade. [...] Je me sens désorganisée, désemparée. Tout m’apparaît insurmontable. [...] Je suis physiquement et mentalement épuisée. Je me sens confuse, j’ai des trous de mémoire. [...] Je suis parfois d’un calme déconcertant. Autant je me sens prête à exploser. Je me sens lourde, presque paralysée [...] (je suis hospitalisée au centre de crise) Et Élisyane me dit  » Maman, dis au médecin de te donner une piqure pour faire disparaitre le virus dans ta tête. Tu pourrais rentrer à la maison ».

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