C’est la rentrée

J’ai un mélange d’émotion, voir même contradictoire face à la rentrée. Nous c’est demain, jeudi. Mon premier réflexe est de dire un gros ENFIN!! Mais je sais que dans quelques semaines je vais trouver certaines journées vides. On est loin de la rentrée en maternelle où j’étais émue, ou de la voir aller au camps de jour avec son sac à dos alors que mes jumelles avaient du mal à respirer.

Je n’arrive tous simplement pas à gérer ma fille depuis la mort de Rose. Nous sommes tous à fleur de peau, je suis irritable et je vendrai tous ce que j’ai pour avoir une bulle avec personnes à moins de deux mètres. Le jour, ce sont les filles, le soir papa et mon chien. Quand ce n’est pas un c’est l’autre, ou bien le téléphone. Au secours!!!! J’ai besoin de sortir le méchant et je n’ai ni temps ni moment de le faire depuis le 29 juillet. J’accueuil donc la rentrée comme un cadeau du ciel qui me permettra d’avoir cette bulle au moins durant les siestes d’Alys. De pouvoir vivre un vrai congé de maternité avec la flânage dans les boutiques et les cours d’aqua-bambin.

Élisyane vit un deuil immense, j’en suis très consciente. Mais c’est une enfant sans filtre. Je trouve ça très difficile de me promener dans ma ville et de l’entendre dire à qui mieux mieux que sa soeur est morte. Ça me glace le sang. Sa peine et sa colère ressorte de façon magistralement survoltée. Elle saute partout, crie, chante « ding-dong-ding-dong » dans le dépanneur en répétant 72 milles fois. Je suis agressée! C’est un enfant? Oui, mais ce n’est pas ma fille. Je ne l’ai jamais vue ainsi. Pour vous dire, après une heure avec elle, Fred s’est carrément sauvé! Et moi! Je passe mes journées avec cette bête de cirque!

On échange beaucoup et nous sommes même allez chercher des livres qui explique le deuil aux enfants. Je fais de mon mieux, mais je suis une maman dévastée. Je vais suivre les recommandations de la travailleuse social et on va consulter. Mais c’est dans ces moments que tu réalise à quel point les grandes vertues que tu accouches en même temps que tes enfants ne sont pas réalistes. On est supposé protéger nos enfants, en faire des humains prêts à affronter la vie. Mais on arrive même pas à l’affronter nous même. C’est impossible de les protéger de la vie. Il faut leur offrir des outils pour survivre, simplement.

Ah oui, j’oubliais. Après le « maman je vais me maquiller parce qu’il va y avoir des garçons au zoo », le « je veux des soutiens-gorges » est venu le « je veux des mèches »… Horreur!!! Et qu’est-ce que tu dis à ton enfant de 7 ans qui te demande c’est quoi une boutique érotique après être passer malencontreusement devant ça? Le prélude de l’adolescence…je gère pas pantoute!

Je me sens impuissante devant ce que mes enfants auront eu comme début de vie, ou comme vit tout court. Mais, selon la croyance populaire, plus ton début de vie est difficile, plus le reste sera extraordinaire. Isshhh…moi qui pensait que mes déboires de vie ayant commencé à 6 ans m’aurait laissé tranquille. Voilà où ça m’a mené.

One Response to “C’est la rentrée”

  1. grande-dame dit :

    Je souris. Tendrement. C’est le recul de 5 ans qui me le permet.

    La réaction de ta fille me fait revivre celle de mes garçons qui avaient respectivement 4-5-9-11 ans et le dernier, 5 mois lors du décès de leur frère. Chacun, ils ont réagi à leur manière. Je me souviens d’un souper au St-Hubert 3-4 semaines après le décès de Thomas. La serveuse s’était exclamée « Oh ! Vous êtes CINQ garçons ! » et mes fils les plus âgés de corriger « Nous sommes six mais un de nos frères vient de mourir ». Pauvre serveuse bouche bée !

    Les réactions de ta fille entrent en collision avec les tiennes. Normal. Ce qui est naturel et nécessaire pour l’une ne coule pas nécessairement de soi avec les besoins de l’autre.

    Ici, mon 4 ans, après la mort de son frère, ne tolérait plus la solitude. Je ne pouvais plus sortir de la pièce ou aller faire pipi seule la porte fermée (même chose pour l’éducatrice à la garderie). Il paniquait. Mon chum pouvait vivre son chagrin et pour ma part j’étais « gelée », devant m’occuper des quatre plus vieux qui ne sont pas de lui.

    Je devais descendre me cacher au sous-sol pour pouvoir pleurer et vivre MA déchirure.

    Tu as besoin de vivre la tienne, de l’isoler de celle des autres, de hurler, ne serait-ce que pour toi-même, qu’elle existe.

    Tendresse, chère Stéphanie.

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