Jamais je ne comprendrai

Quatre semaines que tu t’es envolé, mais hier encore tu éclatais de rire. Tu me manques horriblement, il n’y a pas de mots. Encore aujourd’hui, aucune heure ne se passe sans que je pense à toi. Je commence tranquillement à penser à tes jours heureux et à moins me laisser hanter par le moment de ta mort, alors que tu étais dans mes bras. Mais il n’y a pas un soir qui passe sans larmes.

Tour à tour, avec papa et Élisyane, on se prêtent les larmes, les « crissez-moi-patience » et les « j’apprécie-ce-moment-car-c’est-ce-que-Rose-m’a-appris ». Parfois, Alys nous est cruelle malgré elle. Et d’autres fois, aucun mots ne peut apaiser la douleur qui nous lie.

J’aimerai changer de vie, déménager le plus loin possible pour ne plus voir ma vie. J’aimerai me faire tatouer le corps en entier pour exterioriser ma douleur, la changer de place quelques instants. À l’aube de mes 30 ans, le goût amer de ma vie refait surface. Je sais que certaines choses peuvent améliorer l’image que j’en ai, de cette vie. Mais comment on peut retrouver la candeur d’un enfant heureux et sans soucis après avoir traverser l’enfer plusieurs fois.

L’an prochain, je vais me marier. Comme j’avais imaginer cette journée avec Alys et toi, marchant en tournoyant des pétales de fleurs sur votre passage. Mais même elle ne marchera pas. Je vais réaliser un rêve et obtenir une fois de plus ce que j’ai toujours désirer dans ma vie. C’est vrai, je considère que j’aurai eu tous ce que je désirais; une maison, des enfants, des jumeaux (c’est vrai depuis bien avant d’avoir Élisyane), une carrière stimulante, un mariage, écrire un livre. Mais j’aurai payer le prix trop cher et j’aurai eu tous ce que je ne voulais pas. Être atteinte d’une maladie mentale, perdre des emplois à cause de cette maladie, avoir des enfants malades, devoir dire adieux à son enfant, et d’autres trucs enfoui depuis des lunes.

On se rends vite compte à quel point rien ne nous appartient, ni notre santé, ni même nos enfants. On se rends vite compte qu’on devient une histoire d’horreur parmis tant d’autres. Et que, quel que soit nos choix, on ne peut changer le destin de nos vies. On ne peut changer le destin d’une Rose. Même si quatre semaines se sont écoulées, jamais je ne comprendrai.

2 Responses to “Jamais je ne comprendrai”

  1. Nathalie dit :

    Je pense à vous souvent…
    La santé ne nous appartient pas, en effet… et malheureusement… la vie elle même n’est pas à nous…. sinon il y a bien des choses que l’on changerait…

    Je pense à vous…
    xxxxxxxxxxx

  2. Karolyne dit :

    Mes pensées t’accompagnent..c’est tout ce que je peux te dire, car meme les mots ne peuvent tout consoler….Seulement le temps peut faire son oeuvre!

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